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Le cogito newmanien, par Grégory Solari.

Le cogito newmanien, par Grégory Solari. - Image d'illustration

Quelques mots. C’est peut-être à cet indice que se reconnaît le philosophe authentique. À l’économie des termes par lesquels se dit l’essentiel de l’intuition dont vit l’esprit. Des mots inséparables de la conscience de soi, et grâce auxquels nous pouvons dire avec Descartes : «je pense, donc je suis», ou bien avec John Henry Newman (1801-1890), se découvrant pleinement fidèle à l’intention du geste cartésien dans son Journal philosophique : «je sens, donc je suis» («sentio, ergo sum»). Le «cogito newmanien» tient dans ces quelques mots. Mais ces mots sont ceux de Descartes, vers lequel il se tourne à un moment décisif de son acheminement vers la maturation de sa propre pensée. Ce livre instruit le dossier de cette rencontre à partir d’une confrontation directe et structurelle de leurs doctrines respectives, notamment en donnant accès à la première traduction française des Fragments de 1859 du Journal philosophique. Tout se passe comme si Newman, dans sa lecture du cogito, reprenait en une conceptualisation à peine différente la thèse cartésienne fondamentale des Méditations II et III. Le cogito se présente non comme une déduction, mais comme une auto-affection attestant en même temps l’existence de l’ego et celle de Dieu.


Grégory Solari est docteur en philosophie. Il collabore à l’axe de recherches philosophie et théologie de l’Institut catholique de Paris. Spécialiste de la philosophie de John Henry Newman, il a notamment publié Le Temps découvert, développement et durée chez Newman et Bergson (2014).

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